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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 11:01

         Jacques restera avec nous jusqu'à Betton. Objectif pour ce lundi : Dinan où nous devrons démâter pour passer toutes les écluses. Jean-François nous quitte, travail oblige, Isabelle fera un bout de route avec nous. Nous entamons la dernière partie de notre aventure.

         Passera? Passera pas? « That is the question » qui nous préoccupe maintenant. Tous les avis nous ont été donnés par des personnes «qualifiées », peu se révéleront exactes.

         Pour l'instant nous découvrons Dinan, petit bijou. Les promeneurs ne tardent pas à nous apercevoir et admirent cette péniche peu commune dans ces eaux. Quelques uns seront réquisitionnés pour nous aider à rentrer dedans le bout dit « bout dehors » à l'avant de la péniche. Personne ne rechigne, à la veillée ce soir on causera de ce moment peu commun. Comme à Cherbourg nous prenons les précautions qui s'imposent et notre mât se laisse glisser tranquillement. C'est nettement plus facile à baisser qu'à monter et tout se passe bien. Nous devenons de vrais pros. La fatigue se fait sentir pour notre équipage. Demain il fera jour.

         Cette dernière partie ne sera pas la plus facile. Il faut aligner les écluses, plus de quarante pour à peine cinquante kilomètres. Le passage d’Hédé compte à lui seul 11 écluses qui se suivent tous les 300 mètres. Que dire de ces écluses, elles se ressemblent toutes, quelques centimètres de l’axe des dérives de chaque côté, nous nous glissons, comme dans un écrin, pour entrer et sortir. Les unes se  présentent dans une courbe histoire de faciliter l'accès. Ça passe, parfois ça cogne un peu mais ça passe. Question longueur, pas de problème mais il est certain qu'une barque, même petite ne trouverait pas sa place. Comme si les écluses ne suffisaient pas, les ponts sont de la même largeur si ce n'est pas moins large, donc les espaces de rêverie sont de très courte durée. Ajoutons à cela la largeur du canal souvent très réduite et le tirant d'eau qui nous oblige parfois à rester bien au centre du canal, sans oublier les velléités de notre péniche à batifoler au gré de ses penchants naturels.

 Bref, trois jours où l'activité ne laisse pas beaucoup de temps pour souffler. Pour ma part, j'ai fait le passage des onze écluses à pied, donnant un coup de main aux éclusières éclusiers pour ouvrir les portes avant l'arrivée de la péniche et pour les refermer après son départ. Se dégourdir ainsi les jambes et les bras a été une chance. Entre deux écluses il m'est aussi arrivé avec Isabelle de marcher sur le chemin de hallage tout en faisant provision de châtaignes, sympa.

         Petit chapitre réservé aux éclusières éclusiers. On a vu tous les styles possibles:

         Les hyper sympa qu'on aurait bien pris en stop pour l'une d'elle.

         L' hyper ronchonne indécrottable et les bourrus du même style.

         La qui a pris tout son temps pour sortir attacher sa chèvre au piquet parce qu'il n'était que 9h 27 et que le travail ne commence qu'à 9h30.

         La qui nous voyant arriver sans pouvoir s'amarrer nulle part ne voulait pas ouvrir les portes car elle était en congé et n'arrivait pas à avoir son remplaçant au téléphone, il a fallu que son chef l'autorise à faire la manœuvre, ce qui lui a permis, m'a t'elle dit, d'être payée pour sa demie journée, même si la remplaçante est arrivée 15 minutes plus tard.

         Le qui n'était pas à son poste mais vaquait à ses travaux de maison à l'écluse d'après distante de 800m et me voyant arrivé en courant a eu l'audace de se mettre à courir sur 10m pour enfourcher son solex (ce qui n'est pas permis par le règlement, un accident de travail pouvant s'immiscer subrepticement à tout moment).

         La qui nous a fait poireauter 10 minutes parce qu'elle était en discussion avec ses chefs.

         Ces quelques figures ne sont pas caricaturales, elles reflètent l'ambiance générale même si on a trouvé aussi des très professionnelles et sionnels  heureux de nous voir.

         Il faut savoir que toutes et tous étaient avertis de notre passage car, quand on quitte une écluse, l'éclusier téléphone systématiquement à son collègue de l'écluse suivante y compris si le passage est prévu que pour le lendemain matin.

         Il faut savoir que ces personnes sont payées à la journée et que, hors saison de juillet août, les passages ne sont guère fréquents, à cette saison nous étions le seul passage de la journée et peut être même de la semaine, nous n'avons croisé ni aperçu d'autres usagers.

         Pour ne pas être trop négatif, nous avons pu constater que les écluses et les maisons des éclusiers étaient en grande majorité tenues avec le plus grand soin, nous avons même pu admirer de petites touches de déco originales et très sympa.

         Les berges du canal sont très boisées, agréables et bien entretenues même si ça et là des travaux seraient urgents à faire pour que le canal reste navigable.

 

 

         Jeudi 22 octobre, 17h 15 Nous sommes vraiment très contents d'amarrer à Betton, lieu de notre atterrissage.

         Je suis le seul qui avec Linda a fait la totalité du parcours même si je l'ai abandonnée quelques jours à Duclair.  Gérard avait du s'absenter quelques jours pour s'occuper de sa maman. Tous un peu fatigués. Chacun sait, soit pour l'avoir vécu, soit pour l'avoir entendu dire combien vivre sur un espace restreint, surtout quand on vient d'horizon divers, avec des attentes parfois très différentes est une épreuve. Les rapports humains dans leur spontanéité, ne sont pas si faciles. Non seulement ces univers révèlent certains traits de nos caractères pas forcément les meilleurs mais si ce n'était que cela, ils sont amplifiés, démesurément, et ne reflètent pas forcément ce que nous sommes les uns et les autres. Aussi faut-il accepter nos différences et regarder cela avec un certain recul.

 

                   Pour ma part, j'ai été happé par d'autres réalités. Au cours du bref intermède de Duclair, j'avais accueilli un couple de demandeurs d'asile débarquant de leur pays dans un état physique et moral plus que déroutant,  bien évidemment ils ne connaissent pas un mot de Français. J'avais hâte de les revoir, ils sont toujours là, en nettement meilleure forme, bien reposés et l'heure est venu de se préoccuper des démarches : papiers, santé et aussi de commencer un apprentissage plus systématique de la langue. Çà occupe bien les loisirs et même largement plus.

 

 

                   Voilà, se terminent mes divagations,

                                      avec leur caractère subjectif.

 

                   Certaines images inscrites dans les yeux et le cœur.

 

                            Heureux de cette aventure,

                                      avec un gros merci très sincère

                                               à tous ceux qui ont participé

                                                        à lui donner corps.

                                               Merci à tous 

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Published by An daou korriganed - dans Hollande - Bretagne
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commentaires

dequidt annie 08/11/2009 19:03



quel fabuleux narrateur Eugène. Captivant récit que nous avons lu avec grand plaisir.
merci mille fois de nous avoir fait partagé ces semaines de grande épopée.
Bonne installation aux jeunes amoureux et à bientôt en Bretagne quand nous nous y rendrons
Annie et Max



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