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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 10:29
              Ma mémoire étant déjà bien vieille, normal elle a beaucoup servie, ça s'use ça aussi. Vous ne m'en voudrez pas si la chronologie reste un peu laxiste pour cette dernière partie de notre aventure pénicharde. Vous trouverez, écrit par Linda, un récit au jour le jour avec photos à l’appui sur le blog.

Me voilà donc reparti avec Marie et Gérard pour Duclair avec ma voiture, car nous emmenons avec nous la survie et les fusées nécessaires et obligatoires pour le passage Manche Atlantique, ainsi que l’annexe de Gérard, un peu d’outillage et divers ingrédients, on ne sait jamais ça peut toujours servir. C’est le vendredi  9 octobre, me semble t-il. Yann notre nouveau skipper arrivera un peu plus tard dans la soirée.

 

Samedi matin 10 octobre, nous appareillons. Objectif: Le Havre ou Honfleur, c’est selon ce qui se présentera. Le  courant provoqué par la marée se fait ressentir jusqu’à Duclair et même bien au delà, c’est donc portés par ce courant que nous avalons les kilomètres. Marie étant repartie, nous sommes quatre à bord : Linda, Gérard, Yann et moi même. Les berges de la Seine sont parsemées de châteaux, grosses maisons, et aussi petites habitations fort coquettes. Les unes ou les autres ont leurs petits quais où sont amarrées  barques ou vedettes de tous calibres. Encore quelques maisons troglodytes et berges verdoyantes. Les imposants virages de la Seine nous invitent à la flânerie, nous serpentons de gauche à droite et de droite à gauche... Voilà le célèbre pont de Tancarville qui s'offre à nous à la dernière courbe de la Seine. Nous décidons d'y faire halte et  d'attendre quelques heures afin de profiter à nouveau du courant favorable. Après un essai d'amarrage à un « duc d'albe » (je crois que c'est comme cela que çà s'appelle, sorte de poteau enfoncé en pleine eau), nous nous mettons à couple avec une grosse péniche. La «renverse», (moment où le courant qui va dans un sens se renverse dans l'autre sens) est quasiment instantanée, nous sommes surpris par la rapidité de ce phénomène, comme un bouillonnement dans l'eau et c'est reparti en sens inverse. Nous avons à peine le temps de nous poser, catastrophe, la péniche qui nous avait accueillis sur son flanc nous demande de nous libérer pour la laisser partir. Elle n'était là qu'en attente de l'ouverture de l'écluse qui ouvre l'accès au canal qui mène directement au Havre. Panique à bord, les ducs d'albe sont trop espacés les uns des autres pour amarrer notre si petite péniche, nous sommes pris en tenaille entre d'une part les mastodontes énooooormes qui sortent du canal à toute pompe profitant, en plus de leur vitesse normale, du courant favorable pour remonter la Seine et d'autre part ceux qui arrivent à fond la caisse et ne veulent pas louper l'écluse pour descendre au Havre par le canal. Je peux vous dire que ça va très vite. Après avoir fait un tour sur nous même pour éviter des rencontres malheureuses, nous évaluons la situation ; la seule solution pour nous libérer est la fuite en avant et nous nous engageons sur la Seine à contre courant. Ouf enfin seuls, mais point d'amarrage, bernique comme on dit chez nous. Nous n'avons fait qu'apercevoir l'entrée de l'écluse mais à coup sûr, à voir le nombre et la taille de ceux qui entrent et sortent, c'est certainement la plus importante que nous ayons croisée. C'est un aspect de la Seine qui nous a étonnés depuis Conflans, il n'y a que très peu de lieux où on peut s'arrêter. En cas d'avarie, même des amarrages sauvages ne seraient pas possibles sur les berges. Est ce pour cela que l'on voit des remorqueurs faire le va et vient sur cette partie de Seine? 

Malgré le courant, nous avançons nos 5 km/h. Au bout d'une heure, le pont de Normandie, grandiose vu par dessous. Mais c'est déjà la Manche, les premiers pas de la péniche sur le territoire maritime Français, tout se passe bien, c'est de bonne augure. Nous décidons de laisser Le Havre à Tribord et tentons un amarrage sur un quai qui nous tend les bras, mais un énorme tanker nous secoue de ses vagues et la péniche est rudement ballotée au point que la barre nous échappe des mains et que le mât, non encore attaché, glisse de quelque 10-20cm nous faisant quelques frayeurs. Il faudra penser à ces problèmes, car on pourrait vite fait être éjecté par dessus bord. Il ne nous en faut pas plus pour comprendre que ce n'est pas l'endroit idéal pour stationner. L'écluse du port d’Honfleur est ouverte, nous demandons le passage, et on nous indique un point d'amarrage juste à l'entrée du port.

Nous arrivons en pleine fête de la crevette, de nombreux bateaux tout enrubannés vont et viennent faisant des ronds dans l'eau, pour certains, manifestement il n'y avait pas que de l'eau dans les ronds. Nous ne tardons pas à être repérés de tout ce qui flotte et de tout ce qui se promène au dessus des nos têtes sur le quai, la péniche a un pouvoir d'attraction certain et les réflexions ne manquent pas: « c'est quoi là sur les côtés, on dirait des ailes » les plus hardis posent des questions et les coups de mains ne manquent pas quand il faut remettre le mât à sa place avec un bout tiré du haut du quai, ce monsieur qui fait ses 18m de long par 45cm de diamètre ne se laisse pas bouger si facilement. Mais l'union comme chacun sait...

 

Nous resterons un peu à Honfleur, le temps de préparer la péniche, fixer tout ce qui bouge, refaire les provisions etc. et surtout attendre une fenêtre météo favorable. Nous y resterons même un peu plus que prévu car le couvercle du filtre à eau ayant été serré de travers, l'alarme du moteur se met en route quand nous voulons recharger les batteries. On force un peu pour serrer le couvercle et supprimer l'entrée d'air qui empêche le fonctionnement. Impossible ; on démonte le filtre et nous voilà partis en quête d'une âme généreuse qui voudrait bien nous trouver  un étau. La première personne rencontrée est la bonne, c'est un mécanicien bateau. Catastrophe, son diagnostic est sans appel, il faudra changer tout le filtre, donc commander et attendre la livraison. Yann en profite pour nous faire une crise de goutte: médecin, piqûre, traitement etc. et nous, nous en profitons pour baguenauder au milieu des crevettes. Tout le monde a pensé à toi Manu, mais moi plus que les autres bien sûr, en voyant les façades des maisons: tout en hauteur, à peine 3,50 de large au sol pour 5 ou 6 étages, toutes bariolées, tout à fait ton style. Il faudra que tu prennes le temps d'aller faire un tour de ce côté là. Tu verras en plus de très belles places, en particulier la place autour de l'église, je l'ai trouvée magnifique, j'y ai  fait plusieurs passages en solitaire. Des tas de choses te rappelleront les Pays Bas. Je dis ça pour Manu, mais cela n'empêche personne d'aller y faire un tour.

 

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Published by An daou korriganed - dans Hollande - Bretagne
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